Entraînement
L'entraînement est primordial pour mener à bien une mission, aussi bien à l'époque des vols Apollo qu'aujourd'hui pour les missions de la Navette Spatiale.
On pourrait décomposer l'entraînement des astronautes Apollo en deux grandes parties. Tout d'abord, un entraînement général, commun à tous les astronautes. Cette première partie comprend des briefings et des cours concernant la mécanique céleste, des présentations des systèmes du CSM, du LM et du lanceur Saturn V, ou bien des cours à propos du système de guidage par exemple. Ces cours étaient principalement dispensés par des instructeurs de la NASA mais également par des instructeurs détachés par les entreprises sous-traitantes comme North American Rockwell pour le CSM, Grumman pour le LM ou par le MIT pour le système de navigation. Cette première partie de l'entraînement était une vue globale de la technologie embarquée et une mise à niveau. Elle était accompagnée par des heures de simulateurs, des visites d'usine ou tout autre activité nécessaire. Le vol en jet T-38 faisait également partie de cette première phase. Les performances des différents astronautes aussi bien sur le plan théorique que sur le plan pratique avec les vols en T-38 étaient constamment évaluées par Deke Slayton et Al Shepard, directeur de l'Astronaut Office, et décidaient de leur éligibilité pour une future mission.
La seconde partie de l'entraînement était spécifique à une mission donnée, et préparait les astronautes aux objectifs particuliers de la mission.
Chaque membre d'équipage s'entraînait environ 1 an, une fois nommé dans un équipage. De plus, il faut souligner le fait que chaque mission ne comporte que quelques phases dites "critiques" nécessitant un entraînement poussée, comme l'arrimage avec le module lunaire, l'alunissage, le rendez-vous spatial ou encore les activités extra-véhiculaires. Les astronautes passaient donc la plupart de leur temps à se préparer à ces quelques phases.
Pour chaque mission, l'entraînement normal d'un membre d'équipage se décomposait ainsi :
Séries de briefings techniques détaillés sur les systèmes du vaisseau, les opérations et les procédures et visite chez les sous-traitants chargé de la conception du CSM et du LM.

L'équipage d'Apollo 1 chez North American,
concepteur du CSM, à Downey, Californie • Charlie Duke (BLMP), Vance Brand
(Support Crew) et Fred Haise (LMP) chez Grumman, concepteur du LM avant la
mission Apollo 13.
Séries de briefings concernant le lanceur Saturn V : compte à rebours, mesures de sécurité, dynamique de vol, mode d'échec, et conditions d'abandon de mission. Les briefings étaient souvent mis à jour au fur et à mesure des changements de procédures.
Les équipages principaux et de réserve d'Apollo 1 pendant un
briefing.
Séries de briefings sur le système de Guidage, Navigation et Control (GNC) au MIT (Massachusetts Institute of Technology), concepteur et responsable du développement du GNC.

Un exemple de
manuel concernant le système GNC du vaisseau Apollo, préparé par le
Instrumentation Laboratory
du MIT • Un cours sur les sous-systèmes mécaniques et structuraux du
CSM.
Briefings et entraînement continu concernant les photographies devant être effectuées lors des missions, et briefing sur le matériel photographique emporté.

L'équipage d'Apollo 16 durant un briefing sur le matériel photographique •
Bob Overmyer (Support Crew), Ron Evans (CMP) et l'instructeur de BellComm Farouk
El-Baz étudie la géographie lunaire pour Apollo 17.
Participation intensive des membres d'équipage aux cours concernant les procédures normales du vol, mais aussi les situations d'urgences.

Jack Schmitt revoit le plan de vol lors d'une
simulation avant le vol Apollo 17.
Entraînement au rangement et au stockage du matériel dans le module de commande et le LM, de façon à évaluer les capacités de stockage des vaisseaux.
Plus de 400 heures par astronaute d'entraînement dans les simulateurs du module de commande (CM) et du module lunaire (LM) au MSC et au KSC. Certaines de ces simulations étaient effectués en collaboration avec les contrôleurs de vols du MCC. D'autres simulateurs, situés dans des lieux différents (North American Rockwell, Grumman, ...) étaient utilisés pour des tâches spécifiques.
Pete Conrad et Al Bean dans le simulateur du LM après un exercice, avant la mission Apollo 12 • L'équipage d'Apollo 8 (de g. à d. : Bill Anders, Jim Lovell, Frank Borman) lors d'une simulation, à l'intérieur d'une version d'entrainement du module de commande
Briefings sur la surface lunaire et plus de 20 séances d'entraînement concernant les opérations effectuées lors des sorties extra-véhiculaires (EVA) couvrant la géologie et la microbiologie lunaire, mais aussi le déploiement de l'ALSEP, laboratoire lunaire. Ces séances incluaient l'entraînement au maniement des outils et des conteneurs, des appareils photos, et de l'équipement utilisé sur la surface lunaire. Des excursions pour l'entraînement à la récolte d'échantillons de roches étaient également organisées, surtout à partir d'Apollo 15.

Armstrong et Aldrin s'entraîne pour leur EVA au MSC à Houston • Lovell et Haise utilisant les outils de géologie lunaire lors d'une simulation • Young et Duke lors d'une excursion avant Apollo 16.
Vol d'entraînement dans le LLTV (Lunar Landing Training Vehicle) pour le commandant.

Le LLTV en vol, avec Pete Conrad à son
bord, à Ellington AFB près de Houston • Al Shepard après son vol en LLTV.
Le LLTV (Lunar Landing Training Vehicle) : ce véhicule servait à simuler le LM dans les derniers moments précédant l'alunissage. Le LLTV était propulsé par un réacteur orienté vers le sol. Son contrôle était assez difficile ce qui causa plusieurs accidents. Neil Armstrong dut s'éjecter d'urgence du LLTV lors d'une simulation. Seul le commandant du vaisseau s'entraînait à bord de ce véhicule. Cependant, le LLTV était d'une grande aide, et après chacune des missions, les astronautes déclarèrent que le vol sur LLTV avait été très utile pour le vrai alunissage. Il était même d'après l'avis général plus dur d'atterrir avec le LLTV que de poser le LM sur la surface lunaire.
Vols paraboliques à 0G et 1/6G à bord d'un KC-135 avec des maquettes et des modèles d'entraînement du CM et du LM. Lors de ces sessions, l'équipage portait des combinaisons spatiales.
L'astronaute Al Shepard s'entraîne pour sa sortie
extra-véhiculaire sur la Lune lors de la mission Apollo 14.
Cette simulation est
effectué
dans un KC-135 effectuant un vol parabolique, ce qui permet de recréer
l'apesanteur.
Entraînement dans le bassin d'immersion du MSC pour simuler l'apesanteur, et pour familiariser l'équipage avec les procédures d'arrimage, de transfert entre le CM et le LM, et de sortie extra-véhiculaire.
Ken Mattingly s'entraïne à l'évacuation du module de commande dans le
"Water Tank" du bâtiment 260
, au MSC •
John Young et Gene Cernan repète la procédure d'évacuation du CM avant
le vol Apollo 10 dans le "Water Tank" du MSC.
Entraînement de progression dans un environnement aquatique pour les manœuvres de récupération et d'amerrissage, entraînement à la récupération par hélicoptère. Ces séances avaient lieu dans le golfe du Mexique ou dans des bassins spéciaux.

Un membre de l'équipage d'Apollo 13 dans un filet
de récupération de la Navy pendant une séance d'entraînement • Les membres
de l'équipage d'Apollo 15 discute avec un plongeur sur le bateau lors d'une
séance d'entraînement à la récupération du module de commande dans le golfe
du Mexique.
Entraînement à l'évacuation du pas de tir depuis le vaisseau ou bien depuis des maquettes pour les urgences tels que les incendies ou bien les pannes électriques.
Entraînement concernant le matériel d'extinction d'incendie dans le cockpit du CM.
Briefing sur l'astronomie au planétarium Morehead, Chapel Hill, N.C. ou Griffith, Los Angeles, CA, sur les sphères célestes, portant avant tout sur les 37 étoiles utilisés par le système de guidage.
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