Apollo 7

Véhicules : CSM-101, Saturn I-B 205
Lancement : 11 octobre 1968, 10h02 EST, Pas de tir 34
Atterrissage : 22 octobre 1968, 6h11 EST
Durée de la mission : 260h09
Équipage principal :
CDR - USN Capt. Walter M. Schirra, Jr.
CMP - USAF Maj. Donn F. Eisele
LMP - R. Walter Cunningham
Équipage de réserve :
USAF Col. Thomas "Tom" P. Stafford
USN CDR John W. Young
USN CDR Eugene A. Cernan

Apollo 7 allait être la première mission habitée du programme, après le tragique incendie du CM d'Apollo 1. Cette mission marquait également le premier vol habité d'un CSM (CSM-101) du Block II, la deuxième génération de vaisseau. Suite à l'incendie d'Apollo 1, de très nombreuses modifications furent effectuées sur tous les équipements et sur la structure même du CSM, à commencer par la modification de l'air de capsule.

  
Le CSM-101, premier CSM habité du programme Apollo • L'assemblage du "stack" SLA/CSM 101.

Pour ce premier vol, Wally Schirra avait été nommé Commandant. Schirra avait sélectionné en 1959 avec le premier groupe d'astronautes de l'histoire. Il avait volé sur Mercury, puis sur Gemini, et avait effectué le premier rendez-vous spatial entre deux vaisseaux. Eisele et Cunningham respectivement CMP et LMP, étaient tous les deux membres du 3e groupe, et avaient été sélectionnés en 1963. Ils n'avaient encore jamais volé dans l'espace.

  
Donn Eisele (CMP), Wally Schirra (CDR), Walt Cunningham (LMP) • L'équipage avec Deke Slayton

Apollo 7 était considéré comme un vol d'essai. L'objectif principal de la mission était de tester tous les systèmes du CSM en orbite terrestre. La probabilité que tous les systèmes et les équipements fonctionnent conformément aux espérances et aux prévisions dès le premier vol était très faible, et les ingénieurs de la NASA et de Rockwell, qui fabriquait le CSM, ne se faisaient pas d'illusion. Un véhicule aussi complexe, consistant en un assemblage de dizaines de milliers de pièces différentes, d'un ordinateur servant au guidage flambant neuf, le tout devant opérer dans les conditions extrêmes de l'espace, ne pouvait pas dès son vol inaugural répondre à toutes les attentes. Et c'est pourtant ce qui se passa.

     
Schirra (debout) et Cunningham (assis) revoient les procédures lors d'une simulation • Schirra arrivant sur le pas de tir • Lancement de la Saturn I-B 205 depuis le cap Canaveral

Apollo 7 n'emportait que le CSM, et devait rester en orbite terrestre. Pour cette raison, l'utilisation de la gigantesque Saturn V n'était pas nécessaire. Apollo 7 fut donc la seule mission habitée du programme à utiliser la Saturn I-B. Le décollage eut lieu le 11 octobre 1968, depuis le pas de tir 34, adapté au lancement des Saturn IB, tout juste un peu plus d'an et demi après la catastrophe d'Apollo 1. Des efforts incroyables avaient été déployés pour permettre au CSM d'être prêt à temps. Le décollage se déroula tout à fait normalement, et Apollo 7 fut placé en orbite autour de la Terre.

L'une des premières manœuvres de la mission consistait en une simulation de l'arrimage avec le module lunaire. Apollo 7 n'emportait pas de LM, le dernier étage de la fusée, le S-IVB avait donc été muni d'une "cible", représentant la zone d'arrimage. L'équipage parvint sans encombre à "arrimer" le CSM au LM fictif.

  
Le S-IVB avec les parois du SLA ouvertes en pétales. Au centre, la cible simulant le LM • Une autre vue du S-IVB.

De nombreux tests étaient au programme, comme par exemple la mise à feu, à plusieurs reprises du SPS, le moteur-fusée principal du CSM. Il fonctionna comme prévu, permettant au CSM de changer de plan orbital, de s'éloigner de la Terre, puis de se placer sur des orbites plus hautes. Le CMC, ordinateur du vaisseau, fonctionna lui aussi tout à fait normalement.

  
Cunningham à gauche, et Schirra dans le CSM.

Le commandant de la mission, Wally Schirra, avait attrapé un rhume lors des premiers jours de la mission, ce qui est très désagréable en apesanteur car le mucus ne s'évacue pas, les sinus restant ainsi encombrés. Cet état mit Schirra de très mauvaise humeur, et provoqua des disputes entre les contrôleurs de vol de Houston. Une retransmission TV fut même annulée. Les fulminations du commandant de la mission commençaient à agacer de plus en plus les contrôleurs de vol, qui avaient proposé, en plaisantant, de faire amerrir la capsule lors de son retour au beau milieu d'un cyclone.


Retransmission TV de la mission. On voit Eisele à gauche et Schirra tenant le panneau
"Continuez à envoyer des cartes et des lettres"

A la fin de la mission, Schirra refusa de mettre son casque avant la rentrée dans l'atmosphère, en affirmant que la différence de pression allait le faire souffrir terriblement. Après de longues discussions, il accepta malgré tout d'enfiler son casque et la rentrée se déroula normalement.

Apollo 7 amerrit dans l'Atlantique après 11 jours passés en orbite. Le CSM avait passé tous les tests avec brio, la technologie avait tenu ses promesses, et les prochains CSM étaient désormais rôdés pour les missions à venir.


Scirra, Eisele et Cunnigham sur le U.S.S. Essex.

L'équipage fut récupéré par l'U.S.S. Essex environ 1 heure après l'amerrissage. Ce fut le seul et unique vol de Eisele et Cunningham, et également la fin de la carrière de Schirra. Après cette mission, il devint le seul homme à avoir volé sur les 3 premières générations de vaisseaux américains : Mercury, Gemini et Apollo.

 

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