Apollo 16

Véhicules : CSM-113 "Casper", LM-11 "Orion", Saturn V 511
Lancement : 16 avril 1972, 12h54 EST, Pas de tir 39-A
Atterrissage : 27 avril 1972, 14h45 EST
Durée de la mission : 265h
Équipage principal :
CDR - USN Capt. John W. Young
CMP - USN Lt. Cdr. T. Kenneth Mattingly, II
LMP - USAF Lt. Col. Charles M. Duke, Jr.
Équipage de réserve :
Fred W. Haise, Jr.
USAF Lt. Col. Stuart A. Roosa
USN Capt. Edgar D. Mitchell
Alunissage : 20 Avril 1972, 21h23 EST
Coordonnées : 9°S - 15,5°E
Site d'alunissage : Descartes
Décollage : 23 Avril 1972, 20h25 EST
Temps sur la surface lunaire : 71h02
EVA : 3 sorties = (1) 7h11 - (2) 7h23 - (3) 5h40 
Pour un total de 20h14 d'activité extra-véhiculaire.

Lors des préparations précédant la mission Apollo 16, la NASA savait déjà que c'était l'une des dernières fois que l'homme allait visiter notre satellite. Quelques temps auparavant, les 3 dernières missions Apollo planifiées depuis plusieurs années venaient d'être annulées, bien que la plupart des équipements ait déjà été construit. Le programme Apollo était désormais de plus en plus près de la fin... Désormais, il n'y avait plus d'équipements ni de procédures à tester, c'était donc l'occasion de lever le voile sur certains aspects de la Lune qui nous étaient encore inconnus, et en particulier les massifs montagneux de notre satellite. Pour certains spécialistes sur Terre, ces massifs pourrait révéler des traces de volcanisme. Les objectifs d'Apollo 16 étaient donc clairement définis...

L'équipage était commandé par John Young. Young est le seul astronaute, au moment où vous lisez ce texte, à avoir piloté tous les vaisseaux spatiaux américains construits depuis 1962, l'année où il a été sélectionné par la NASA. Tout d'abord,  il fut nommé pilote aux côtés de Gus Grissom sur la mission Gemini III, première mission habitée du programme Gemini. Il vola ensuite en tant que commandant de Gemini X, il exerça le rôle de pilote du module de commande d'Apollo X, puis Commandant d'Apollo 16. Au début des années 80, il commanda la premier vol de la Navette Spatiale, puis il fut nommé Commandant de STS-9 quelques temps plus tard. John Young à actuellement plus de 6 missions à son actif. Il a quitté la NASA pour prendre sa retraite en Décembre 2004, après 42 ans de service comme astronaute, à plus de 74 ans.

  
A gauche, John Young sort du simulateur • A droite, l'équipage d'Apollo 16 : Mattingly, Young et Duke

Le pilote du module de commande (CMP) était Ken Mattingly. Mattingly était à l'origine CMP d'Apollo 13, mais il fut exposé à la rougeole quelques temps avant le lancement et fut donc remplacé par sa doublure Jack Swigert. Le pilote du module lunaire était Charlie Duke, qui avait été Capcom pendant la phase d'alunissage d'Apollo 11 puis LMP de réserve d'Apollo 13. C'est lui qui avait exposé Mattingly à la rougeole.

  
A gauche, Young et Duke s'entraîne à la photographie et à l'exploration géologique dans un canyon • A droite, Young répète la procédure de déploiement du LRV.

Comme l'équipage d'Apollo 15, Young et Duke avaient reçu un entraînement intensif concernant la géologie, de façon à collecter le plus d'échantillons et de roches lunaires portant un intérêt scientifique.

  
Lancement d'Apollo 16 en avril 1972 • Gene Kranz surveille le système du lanceur et du CSM.

Apollo 16 quitta le pas de tir 39A du KSC le 16 avril 1972 à 12h54. Après un décollage et une mise en orbite parfaite, le Mission Control donna l'autorisation à l'équipage de procéder à la TLI. Apollo 16 était maintenant en route vers la Lune. Environ 3 jours après, en utilisant le SPS, l'équipage ralentit le complexe CSM/LM pour se satelliser en orbite lunaire. Quelques temps plus tard, Young et Duke activèrent les systèmes du module lunaire, puis au moment prévu, Ken Mattingly, resté seul dans le CM, libéra le module lunaire. La procédure normale aurait voulu qu'à ce moment, Mattingly remette en marche le SPS de façon à ce qu'il positionne le CSM sur une orbite depuis laquelle il aurait pu récupérer le LM en cas de problème ou d'abandon de l'alunissage. Au moment de la mise à feu, Mattingly ainsi que les contrôleurs de vol constatèrent un dysfonctionnement dans le système auxiliaire du SPS. D'après les procédures d'urgence du Mission Control, les deux vaisseaux auraient dû s'arrimer puis utiliser le DPS (Moteur de l'étage de descente du LM) pour revenir sur Terre. A ce moment, Mattingly ainsi que Young et Duke dans le LM pensait avoir perdu la Lune. Le Mission Control à Houston ordonna à l'équipage des deux vaisseaux de voler en formation pendant que les ingénieurs tentaient de trouver une solution. Après plus de six heures de tests et de recherche, Houston donna le feu vert à Young et Duke pour l'alunissage, un grand soulagement.

  
A gauche, le CSM en orbite lunaire, observé depuis le LM • Les responsables de la NASA dans le Mission Control se concertent pour décider de la poursuite de la mission. De gauche à droite : Rocco Petrone, John Holcomb, Sig Sjoberg, Chet Lee, Chris Kraft (assis), Dale Myers et George Low.

La descente du LM se déroula normalement. Cependant, Duke remarqua que le LM se dirigeait vers un mauvais site d'alunissage. Young tenta plusieurs fois de corriger les coordonnées programmées dans le LGC. Young fut confronter peu de temps après à un nouveau problème : étant donné l'éclairage et l'angle suivant lequel les rayons du soleil frappait la surface, il n'y avait que très peu de zones d'ombre, ce qui rendait difficile l'observation des reliefs du sol ainsi que des rochers, ce qui était très gênant car si le LM alunissait sur un terrain rocailleux, il risquait de basculer. A environ 75 mètres de la surface, Duke distingua les premiers reliefs. Young stabilisa le LM, ralentit la vitesse, puis posa le véhicule dans un endroit qui lui semblait plat, et coupa aussitôt le moteur.

Quelques heures plus tard, Young sortit du LM, et il fut suivi de près par Duke. C'est alors qu'ils réalisèrent que le LM était posé à une trentaine de mètre d'une pente de plus de 10°. Young comprit que ses talents de pilote d'essai avaient été secondés par la chance.

  
Duke salue le drapeau U.S. en sautant • Duke pose près du "Plum Crater"

Une de leur première activité sur le sol lunaire consista au déploiement du LRV, et de l'installation des expériences de l'ALSEP. L'exploration proprement dite commença alors. L'objectif principal de la mission était de découvrir des traces de volcanisme sur la Lune. Ils trouvèrent beaucoup de Breccias, c'est à dire une roche né après l'impact d'un météorite, mais aucune trace de roche pouvant être de type volcanique. Par l'intermédiaire de Tony England, le Capcom en charge des EVA, Bill Muehlberger, un professeur de géologie à l'Université du Texas qui travaillait avec la NASA, demanda à Young s'il n'y avait aucune trace de roches volcanique, et Young répondit :"Non, que des breccias".


La "Geology Backroom" au Mission Control.

Lors de la première EVA, Young et Duke se dirigèrent vers l'ouest de leur site d'alunissage, vers le "Flag Crater". Ils récoltèrent la plus grosse pierre lunaire ramenée sur Terre lors de tout le programme : une roche de plus de 6 kg, baptisé "Big Muley", en l'honneur de Bill Muehlberger. Quelques heures plus tard, sans avoir découvert la moindre trace de roche volcanique, Young et Duke retournèrent dans le LM.


Duke profite d'un repas bien mérité dans le LM.

Lors d'Apollo 15, le médecin de vol avait remarqué une petite irrégularité dans le rythme cardiaque de Scott, Worden et Irwin par moment. La division des sciences de la vie de la NASA supposait que ce phénomène était dû à un manque de potassium dans l'alimentation. Pour Apollo 16, l'équipe médical avait donc demandé à l'équipage de boire autant de jus d'orange que possible. Lors de la première nuit dans le LM, Young avait dit à Duke qu'il n'avait jamais autant bu de jus d'orange en 20 ans, et que son estomac avait un pH de 3 ! Et que ceci "n'arrêtait pas de le faire péter", d'après les propres termes de Young. Malheureusement, Young ne savait pas que son micro était branché, et que tout le Mission Control de Houston entendait leur conversation. Plusieurs fois, Tony England avait tenté de les en informer en envoyant un signal avec son micro, mais les deux astronautes n'avaient pas compris. A un certain moment, England dit à Young qu'il avait un "hot mike", et tout le Mission Control éclata de rire.

  
A gauche, John Young près d'un "champ" de rochers • A droite, John Young teste le LRV, et tente de faire des dérapages. Cet épisode est connu sous le nom de "Grand Prix".

Le but de la seconde EVA était l'exploration d'un massif de cinq cratères baptisé "Cinco Craters", sur les flancs de la Stone Mountain. Young et Duke s'arrêtèrent plusieurs fois sur le chemin, et malheureusement, toujours aucune trace de volcanisme.

La troisième et dernière EVA fut écourtée, à cause de l'alunissage reporté, et eut lieu à proximité du "North Ray Crater". Lors de cette sortie, Young et Duke observèrent un rocher qu'ils baptisèrent "House Rock", à cause de sa taille. Les deux astronautes documentèrent cet énorme rocher certainement éjecté suite à un impact de météorites. Duke récolta quelques échantillons de roches et de poussière situé très près du rocher à la demande des géologues à Houston. En effet, ils voulaient analyser des échantillons n'ayant été que très peu exposé aux radiations solaires (photo ci-dessus). Ensuite, Young et Duke repartirent vers leur base lunaire, avec en tout plus de 94 kg de roches lunaires collectées. Malgré les espoirs des géologues, aucune trace d'activité volcanique ne fut découvert dans le massif de Descartes.

Young et Duke décollèrent après plus de 71 heures passées sur la surface lunaire pour rejoindre Mattingly en orbite. Après l'arrimage, le LM fut largué et le CSM fut propulsé vers la Terre.

  
Ken Mattingly sort du module de commande pour tenter de récupérer les pellicules dans la Sim Bay.

Lors du retour, Mattingly effectua une sortie extra-véhiculaire d'environ une heure, et qui avait pour but de récupérer les pellicules des appareils photographiques et des caméras installées dans le SIM du module de service.

Quelques heures plus tard, le module de commande amerrit dans le pacifique, et l'équipage fut recueilli sur le U.S.S. Ticondera. Ce fut une fois de plus un succès pour le programme Apollo.

 

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