Apollo 15

Véhicules : CSM-112 "Endeavor", LM-10 "Falcon", Saturn V 510
Lancement : 26 juillet 1971, 8h34 EST, Pas de tir 39-A
Atterrissage : 7 août 1971, 15h45 EST
Durée de la mission : 259h
Équipage principal :
CDR - USAF Col. David R. Scott
CMP - USAF Maj. Alfred M. Worden
LMP - USAF Lt. Col. James B. Irwin
Équipage de réserve :
USN Capt. Richard F. Gordon, Jr.
Vance D. Brand
Harrisson H. Schmitt
Alunissage : 30 Juillet 1971, 17h16 EST
Coordonnées : 26,1°N - 3,7°E
Site d'alunissage : Hadley-Apennine
Décollage : 2 Août 1971, 13h11 EST
Temps sur la surface lunaire : 31h31
EVA : 4 sorties = (1) 0h33 - (2)6h32 - (3) 7h12 et (4) 4h49 
Pour un total de 19h07 d'activité extra-véhiculaire.
 

  
A gauche, Jim Irwin et Dave Scott s'entraîne avec le LRV. A droite, Dave Scott pendant un entraînement en géologie avant la mission.

Apollo 15 fut la première vraie mission scientifique du programme, la première mission du type J. En effet, les astronautes subirent un entraînement en géologie bien plus important que pour les vols précédents, et le matériel emporté était bien plus adapté à l'exploration géologique. Le LM avait subit de nombreuses modifications de façon à augmenter ses performances et à permettre aux astronautes de rester sur la surface lunaire pendant une plus longue période. La charge utile du LM ayant été augmenté, il pouvait désormais emporter plus de roches lunaires. Des batteries, des réservoirs de combustibles et d'eau supplémentaires avait été ajoutés, pour assurer la vie des 2 astronautes pendant une plus longue période...

 
A gauche, le LRV en configuration normale et à doite, le LRV replié prêt à être encastré dans le LM.

Cette mission était la première à emporter un Lunar Roving Vehicle (LRV), véritable jeep lunaire. Le LRV était propulsé par des batteries électriques et était replié dans l'étage de descente du module lunaire. Il pouvait transporter les outils et les échantillons récoltés par les astronautes. A bord du LRV, les astronautes pouvait s'éloigner de plus de 5 km du site d'alunissage.


Le LRV est intégré à l'étage de descente du LM. On peut encore voir les roues.

Le CSM connut lui aussi d'importantes modifications (ajout de combustibles, d'eau, ...). Le changement majeur par rapport aux autres missions concernait le module de service. Une des baies qui était vide lors des autres missions, fut remplies d'instruments scientifiques. Cette baie fut baptisée SIM pour Scientific Instrument Module. Le SIM contenait entre autres des appareils photos, des caméras, des capteurs sensés mesurer divers facteurs de l'environnement lunaire, et un petit satellite devant être placé en orbite lunaire.


La baie SIM... Cliquez pour voir les détails...

Toutes ces modifications posaient cependant un problème : la masse d'équipement avait considérablement augmenté. Les ingénieurs du MSFC, chargé de la conception de la Saturn V, durent eux-aussi modifier le lanceur pour augmenter sa capacité à envoyer une charge utile plus importante en orbite lunaire. Les moteurs F-1 du premier étage S-IC de la Saturn V furent modifiés pour exercer une poussée d'environ 12% plus forte que lors des lancements précèdents.

De nouvelles combinaisons furent développées, offrant plus de liberté aux astronautes, et pouvant emporter plus de réserves d'oxygène et d'eau.


(g. à d.) Dave Scott, Al Worden et Jim Irwin

La mission décolla du pas de tir 39-A le 26 juillet 1971 à 9h34 exactement, emportant à son bord Dave Scott, qui avait déjà 2 vols à son actif, ainsi que Al Worden et Jim Irwin, deux nouvelles recrues. Le lancement fut parfait, et l'injection translunaire également, à tel point que la première correction de trajectoire planifiée ne fut pas nécessaire.

Quelques temps après la séparation S-IVB/CSM, au milieu du voyage Terre-Lune, un incident perturba quelque peu le trajet. Un voyant s'illumina sur la console principal du CM. Il indiquait que le SPS, le principal système de propulsion du CSM, était en marche. Cette indication était erronée, mais cela signifiait que le SPS recevait de l'électricité. Les ingénieurs du Mission Control craignait que si le SPS recevait une énergie électrique, les valves sensées libérer le combustible et le comburant s'ouvrent et mettent cette fois réellement le SPS en marche. Une série de tests révéla que cette indication était simplement due à un court-circuit dans un des deux systèmes de contrôle du SPS. Le Mission Control ordonna donc à l'équipage de contourner le premier système de contrôle et de n'utiliser que celui en bon état. La deuxième correction de trajectoire (MCC-2) fut l'occasion de tester le SPS, qui fonctionna parfaitement lors du reste de la mission.

La veille de leur descente sur la surface lunaire, Dave Scott et Jim Irwin ouvrirent la trappe du CSM pour activer et vérifier les systèmes du LM. C'était l'occasion pour le Mission Control d'analyser et de contrôler chaque paramètre du vaisseau, en particulier les batteries, qui allait devoir assurer la seule source d'énergie du LM et du LRV pendant 3 jours. Par l'intermédiaire de la télémétrie, les contrôleurs de vol purent s'assurer que les systèmes fonctionnaient tous parfaitement. En revanche, Scott et Irwin eurent la surprise de constater que la vitre d'un "tapemeter", un instrument qui affichait la distance les séparant du site d'alunissage et la vitesse de progression, avait été brisée. Des particules de plexiglas flottait dans la cabine. Avec l'aide d'un aspirateur, ils furent en mesure de tout remettre en ordre. Heureusement, après une vérification de Houston, il se révéla que le "tapemeter" fonctionnait sans problème.

Le lendemain, un autre problème mineur survint. Une canalisation de chloration de l'eau commença à fuir. Ce problème s'était déjà produit avant le lancement, et un ingénieur avait rédiger une procédure à suivre si cette fuite se reproduisait. Le Capcom Karl Henize transmis les recommandations, et la fuite fut réparée.

Arrivé dans les environs de la Lune, la cloison de la baie SIM fut largué, et les expériences purent commencer. Le SPS fut redémarré, et l'insertion en orbite lunaire fut nominale. Une retransmission TV eut lieu depuis le CSM. Irwin et Scott réactivèrent le LM puis au moment prévu par le plan de vol, la trappe fut scellée. Après un compte à rebours, Al Worden resté seul dans le CM, abaissa l'interrupteur qui devait séparer le CSM et le LM. Rien ne se passa. En réalité, un câble avait été malencontreusement déconnecté. Après un second essai, le LM se sépara finalement du CSM. Al Worden plaça ensuite le CSM sur une orbite circulaire de 110 km, pour procéder aux investigations scientifiques prévues. Al devait décrire les paysages lunaires, effectuer des photographies précises, conduire les expériences de la baie SIM et surveiller les systèmes du CSM...


Le CSM observé depuis le LM. On peut nettement voir la baie SIM et les instruments.

Dans le LM, Scott et Irwin continuaient leur descente. Au moment prévu, le LM pivota pour ralentir la vitesse et s'approcher de la surface. Scott prit les commandes et posa le LM sans aucun ennui au site de Hadley.

Avant que l'exploration proprement dite ne commence, Scott avait projeté avec l'aide de Farouk El-Baz, un géologue de Bellcom, Inc., d'effectuer une sortie extra-véhiculaire de 30 minutes par la trappe supérieure du LM, destiné uniquement à l'observation du site d'alunissage. Scott sortit donc la tête du LM pour décrire le paysage.

Quelques temps après cette première sortie, Scott et Irwin posèrent le pied sur la Lune, et l'exploration commença. Leur première tâche consistait au déploiement du LRV, à l'aide de deux cordes. Tout se passa comme lors des simulations, et le LRV devint le premier véhicule motorisé piloté par l'homme à rouler sur la Lune. Trois sorties extra-véhiculaires avait été prévues.

  
Scott salue le drapeau US • Scott photographie une roche lunaire.

Lors de ces trois sorties, Scott et Irwin déployèrent l'ALSEP, un mini-laboratoire scientifique contenant plusieurs expériences devant être menées sur la surface lunaire. Ils parcourirent également plus de 27 kilomètres. Ils explorèrent la faille d'Hadley et récoltèrent près de 77 kg d'échantillons, dont la fameuse pierre de la genèse, pierre blanche qui après datation, se révèla être vieille de plusieurs milliards d'années, aux origines de la formation de la Terre et de la Lune.

  
Jim Irwin et le LRV devant la faille de Rille • Deux vaisseaux américains sur la Lune. Cette photographie étant prise en contre-jour, on a l'impression que le site est recouvert de neige.

Quelques temps avant la fin de la dernière EVA, Scott procéda à une expérience particulière et historique. Avant le vol, il en avait discuter avec l'astronaute Joe Allen, Capcom et membre de l'équipage de soutien d'Apollo 15, qui était docteur en physique. Allen lui avait proposé de vérifier une loi fondamentale de la physique, dictée par Galilée 400 ans auparavant. Devant une caméra, Scott prit dans une main une plume d'aigle, et dans l'autre, un marteau de géologue. Il les lâcha au même moment, et les deux objets touchèrent le sol exactement au même instant. Cette relation fut réalisé expérimentalement dans des conditions réelles pour la première fois, en absence de la résistance de l'air.


La plume sur la surface lunaire.

Après 31 heures passées sur la Lune, Scott et Irwin redécollèrent, laissant derrière eux le LRV et l'étage de descente du LM, ainsi que tout le matériel scientifique.

  
Le Mission Control lors du décollage depuis la surface lunaire • Une dernière vue de la surface lunaire depuis la fenêtre du CM.

Quelques temps plus tard, ils s'arrimèrent avec Al Worden, resté seul dans le CM en orbite lunaire. Les trois hommes mirent à feu le SPS, et quittèrent le champ de gravitation de la Lune, pour se diriger vers notre planète. Lors du voyage de retour, Worden effectua une sortie extra-véhiculaire pour récupérer les pellicules photos des instruments de la baie SIM.

  
Le CM photographié juste avant le Splashdown - Jim Irwin sort du CM aidé par un nageur de la Navy. On peut voir l'hélicpotère de récupération au second plan.

Après 2 jours de voyage environ, le CM amerrit dans le Pacifique et fut récupéré par l'U.S.S. Okinawa le 7 août 1971. L'équipage d'Apollo 15 fut le premier à ne pas être placé en quarantaine. Après 3 missions lunaires, les résultats médicaux prouvaient qu'il n'y avait aucun risque bactériologique.

 

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