Apollo 14

Véhicules : CSM-110 "Kitty Hawk", LM-8 "Antares", Saturn V 509
Lancement : 31 janvier 1971, 17h32 EST, Pas de tir 39-A
Atterrissage : 9 février 1971, 16h05 EST
Durée de la mission : 216h
Équipage principal :
CDR - USN Capt. Alan B. Shepard, Jr.
CMP - USAF Maj. Stuart A. Roosa
LMP - USN CDR Edgar D. Mitchell
Équipage de réserve :
USN Capt. Eugene A. Cernan
USN CDR Ronald E. Evans
USAF Lt. Col. Joe H. Engle
Alunissage : 5 février 1971, 4h18 EST
Coordonnées : 3,6°S - 17,5°W
Site d'alunissage : Fra Mauro
Décollage : 6 février 1971, 13h48 EST
Temps sur la surface lunaire : 33h30
EVA : 2 sorties = (1) 4h47 et (2) 4h34
Pour un total de 9h22 d'activité extra-véhiculaire.

Suite à l'échec d'Apollo 13, les objectifs de la mission furent reportés à Apollo 14, comme par exemple le choix du lieu d'alunissage : le massif de Fra Mauro. Apollo 14 marquait  aussi le retour de Alan Shepard, absent des équipages de la NASA depuis 1962. En effet, après avoir été le premier américain dans l'espace en 1961, Al Shepard fut affecté par le syndrôme de Mesnière, problème de l'oreille interne qui affecte gravement la notion d'équilibre et d'orientation dans l'espace. Shepard fut donc interdit de vol, mais suite à une opération chirurgicale réussie en 1967, il retourna au service actif et fut nommé Commandant d'Apollo 14. Ses deux autres coéquipiers, Stu Roosa et Ed Mitchell étaient sur leur premier vol. Malgré le fait que Shepard ait déjà effectué un vol spatial de 15 minutes sur Mercury-Redstone 3 en 1961, les instructeurs surnommaient les 3 hommes le "All-rookies crew", c'est à dire l'équipage 100% nouvelles recrues, car le vol Mercury de Shepard n'était qu'un saut de puce suborbital.

A l'origine, Shepard, Roosa et Mitchell avaient été nommés équipage principal d'Apollo 13. Mais pour cause de manque d'entraînement, ils furent remplacé par le trinôme Lovell - Mattingly - Swigert, originellement assigné comme équipage d'Apollo 14. Après cette permutation, Shepard et ses deux coéquipiers commencèrent l'entraînement. Après l'accident d'Apollo 13, le lancement Apollo 14 qui devait partir pour la Lune à l'été 1970, fut reporté à Janvier 1971, le temps de procéder à l'enquête nécessaire à propos d'Apollo 13. Avec la permutation entre les équipages et ce report de la mission, Shepard, Roosa et Mitchell totalisèrent une durée de plus de 19 mois d'entraînement, bien plus que n'importe quel équipage Apollo.

  

Et finalement, le 31 janvier 1971, la Saturn V n° 509 décolla de Floride. Ci-dessus, vous pouvez voir à gauche la Saturn V au décollage puis quelques secondes plus tard au dessus des nuages. Quelques minutes plus tard, Apollo 14 était satelliser autour de notre planète pour une vérification complète des systèmes avant la TLI qui enverrait Apollo 14 vers la Lune. Environ 2h30 plus tard, le Capcom transmis à l'équipage ce que tout le monde attendait : Apollo 14 était prêt pour l'injection translunaire. Le dernier étage S-IVB de la Saturn V redémarra et propulsa Shepard et ses deux coéquipiers vers la Lune.

L'équipage d'Apollo 14 était déterminé à procéder à une mission exemplaire, pendant laquelle tout se passerait comme prévu par le plan de vol. Désormais, la prochaine étape était la TDE, procédure visant à arrimer le CSM avec le LM encastré dans le S-IVB. Roosa, le pilote du module de commande, voulait là-aussi montrer ses performances de pilote. Grâce aux nombreuses simulations, il était parvenu à arrimer les deux vaisseaux en utilisant beaucoup moins de carburant que n'importe quelle mission auparavant. Roosa désengagea le CSM du S-IVB, fit faire un demi-tour au vaisseau, puis se dirigea vers la LM. Plus que 3 mètres, 2 mètres, un mètre et... Rien ne se passa. Les indicateurs qui devait signaler le contact entre le LM et le CSM pour pouvoir rétracter les loquets et arrimer solidement les deux vaisseaux était inopérant. Roosa pensa qu'il était arrivé trop lentement et son espoir d'utiliser moins de carburant se volatilisa. Il fallait recommencer la manœuvre en approchant du LM avec une vitesse supérieure. Après un second essai, toujours aucun contact et impossible d'arrimer les vaisseaux. L'équipage ainsi que le Mission Control commençait à désespérer parce que sans arrimage, plus de mission. Il y avait une solution, c'était de ventiler la cabine, ouvrir la trappe du module de commande et tracter la sonde du CM vers le LM... Mais il fallait faire vite, car dans quelques temps, le S-IVB allait purger ses réservoirs du carburant non-utilisé, et il valait mieux ne pas être dans les parages. A Houston, une fois de plus, on chercha à maîtriser le problème.

La Mission Control disposait d'un dispositif d'arrimage. Après différents essais, les contrôleurs de vol définirent une procédure permettant en principe d'arrimer le CSM et le LM. Ci-dessus, (de gauche à droite) le contrôleur de vol John Llewelyn, Bob Gilruth, directeur du MSC, et George Low partiellement caché par l'astronaute John Young discutent de la nouvelle procédure avant de le transmettre à Shepard. Après une unique tentative avec cette nouvelle procédure, l'arrimage se déroula normalement, le LM fut extrait et Apollo 14 continua son voyage.

Le chemin jusqu'à la Lune se passa sans problème. Ci-dessus, Al Shepard sourit à la caméra lors d'une retransmission TV. Une fois arrivé à proximité de notre satellite, le complexe CSM/LM ralentit suffisamment pour être attirer par l'attraction lunaire et placé en orbite. Shepard et Mitchell commencèrent les vérifications des systèmes du LM précédents la descente lunaire, puis quelques heures plus tard, après le désarrimage, le LM commença sa descente, laissant Stu Roosa seul en orbite lunaire à l'intérieur du CM.

La première phase de la descente se déroula comme prévue. Tout semblait être prêt pour commencer la descente finale lorsque les contrôleurs de vol furent surpris de voir sur leurs consoles que l'ordinateur du LM recevait un message d'abandon. Al Shepard et Ed Mitchell étaient aussi surpris que Houston. Si la procédure d'abandon était lancée, l'étage de descente du LM aurait été largué, et le LM aurait rejoint automatiquement le module de commande en orbite, terminant ainsi la mission. Après une rapide expertise du Mission Control, il se révéla que le problème résidait dans un faux contact d'un interrupteur. Lorsque l'équipage tapait sur le panneau de commande, le signal d'abandon disparaissait quelques temps, mais finissait toujours par réapparaître. Le MIT, responsable du développement des systèmes de guidage et de navigation Apollo, fut immédiatement contacté par Houston. Les ingénieurs développèrent un nouveau programme informatique qui ordonnait au AGS (Abort Guidance System) de ne pas tenir compte du signal d'abandon, et vérifièrent ce nouveau programme, le tout en moins de 2 heures. Le Capcom transmis les instructions à l'équipage, qui reprogramma l'ordinateur en vol à quelques milliers de mètre au dessus de la surface, et le signal d'abandon disparut aussitôt.

Un second incident apparut quelques temps avant la phase finale de l'alunissage. Les valeur de la vitesse et de l'altitude provenant du radar du LM n'étaient pas valides. Sans ces données essentielles à l'ordinateur pour le guidage, il était impossible d'alunir. En fait, le radar envoyait les ondes, qui se réfléchissait sur la surface, mais celui-ci n'arrivait pas à recevoir les ondes répercutées. Finalement, le contrôleur de vol Dick Thorson ordonna à l'équipage par l'intermédiaire du Capcom de désactiver le coupe-circuit du radar, puis ensuite de le réinitialiser. Quelques secondes plus tard, tout rentra dans l'ordre. Shepard pris le contrôle du LM lors des derniers instants du vol, puis posa délicatement le vaisseau à l'endroit plannifié par les spécialistes des trajectoires à Houston.

  

Quelques heures plus tard, Shepard et Mitchell commencèrent l'exploration. Cette mission avait des objectifs beaucoup plus scientifique que les deux précédents alunissages. Mitchell et Shepard avait reçu plus de formation dans le domaine de la géologie que les autres équipages, bien que Shepard ne fut pas réellement intéressé par cette science, comme l'écrit Andrew Chaikin dans son livre "A man on the moon". La durée des activités extra-véhiculaires (EVA) fut nettement allongée par rapport à Apollo 11 et Apollo 12. Grâce au MET (Modular Equipment Trasnporter), petit chariot qui permettait de transporter de l'équipement et des échantillons, Shepard et Mitchell purent s'éloigner du LM pour explorer les montagnes lunaires de Fra Mauro. Le MET était surnommé "Rickshaw" ou pousse-pousse par les astronautes. Il déployèrent également l'ALSEP (Apollo Lunar Surface Experiment Package), un lot de différentes expériences devant être menées sur la Lune. Un réflecteur laser fut par exemple installé sur la Lune. Une faisceau envoyé depuis la Terre permettrait ainsi de connaître la distance exacte Terre-Lune.

  

Après leur deux sorties extra-véhiculaires pour un total de 9h, et après avoir collecté plus de 42 kg de roches, il était temps pour Shepard et Mitchell de regagner le LM. Cependant, avant de repartir définitivement, Shepard souhaitait faire une dernière chose. Grand amateur de golf, il avait amené un balle avec lui. Il l'avait positionné sur le sol lunaire, et avec l'aide d'un instrument qui servait de club, il frappa la balle, qui voyagea "Miles and Miles and Miles" comme le décrivit Shepard.

Après les vérifications de systèmes de décollage de l'étage d'ascension (Ascent Stage), le LM redécolla. Sur tous les modules lunaires, la commande de mise à feu avait été triplée, de façon à éviter un problème. Pendant les 2 jours d'exploration de Shepard et Mitchell, Roosa, seul en orbite lunaire dans le CM, avait photographié la Lune pour planifier les futurs sites d'alunissages. Désormais, il fallait qu'il procède à l'arrimage entre les deux vaisseaux.

Le LM approchait du CSM, comme on le voit sur cette photo. En espérant que cette fois, l'arrimage se passe normalement, Roosa pris les commandes du LM et la procédure fut parfaite. Après avoir égalisé la pression des deux vaisseaux, Shepard et Mitchell s'installèrent à nouveau dans le module de commande avec Roosa puis les 3 hommes larguèrent le LM. Le SPS, moteur principal du CSM, fut mis à feu, et Apollo 14 fut propulsé vers la Terre.


Al Shepard respire de l'oxygène pur dans le CM

Après 3 jours de voyage et la rentrée dans l'atmosphère, les trois hommes furent récupérés par la Navy et placé en quarantaine pour 21 jours. Ce fut la dernière mise en quarantaine du programme Apollo.

Roosa, Shepard et Mitchell dans le Mobile Quarantine Facility, une fois arrivé à Ellington Air Force Base à Houston, Texas.

 

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Certaines photographies de cette page sont extraites du livre "A man on the moon", d'Andrew Chaikin, publié chez Time Life.