Apollo 1

Autre nom : Apollo 204
Lanceur : Saturn I-B   Vaisseau : CSM-012
Date de l'accident : 27 janvier 1967, 18h31, EST
Pas de tir 34
Équipage principal:
Command Pilot - USAF Lt. Col. Virgil I. Grissom
Senior Pilot - USAF Lt. Col. Edward H. White
Pilot - Roger B. Chaffee
Équipage de réserve :
USN Capt. Walter M. Schirra, Jr.
USAF Maj. Donn Eisele
R. Walter Cunningham

La mission Apollo 1 devait être la première mission habitée du programme Apollo, et devait être lancée le 21 février 1967. La NASA avait choisi un équipage trié sur le volet. Tout d'abord, Gus Grissom avait été nommé commandant. Grissom avait été sélectionné lors du programme Mercury, et était l'un des 7 premiers astronautes américains. Il avait effectué le second vol Mercury, qui s'était terminé par la perte de la capsule lors de la récupération, à cause d'une explosion inexpliquée de la trappe. Grissom avait alors manqué de se noyer. En 1965, il avait été nommé commandant de la première mission du programme Gemini, au coté de John Young. Ce "vol d'essai" s'était déroulé parfaitement. Le siège central du vaisseau Apollo 1, celui du Senior Pilot, était occupé par Ed White, lui aussi un véritable "héros" du programme spatial U.S. White avait été sélectionné avec le seconde groupe d'astronaute en 1962. Il avait effectué la première sortie extra-véhiculaire américaine lors de la mission Gemini IV en juin 1965. Finalement, Roger Chaffee, un jeune astronaute du groupe 3 avait été sélectionné comme pilote d'Apollo 1. C'était le "rookie" (le bleu) du vol.

  
Grissom, White & Chaffee se relaxent avant le test • Grissom, White & Chaffee dans le Transfer Van en route vers le pas de tir.

Apollo 1 était constitué d'un CSM du Block I, c'est-à-dire un vaisseau n'étant pas destiné au missions lunaires, mais plutôt une version d'essai des différents systèmes, les voyages lunaires étant réservés aux vaisseaux du Block II. A l'origine, la NASA avait prévu deux vols emportant des vaisseaux du Block I.

Le 27 janvier 1967, l'équipage devait procéder à une "Plug-out simulation" dans le jargon de la NASA. Cette simulation avait pour objectif de couper toutes les liaisons existantes entre le pas de tir et la vaisseau. Le CSM fonctionnait sur ses circuits électriques internes. Les activités étaient surveillées par les équipes de la NASA situées à quelques kilomètres du pas de tir. Lors de cette simulation, tout était effectué comme lors d'un réel vol spatial. Le vaisseau était juché en haut du lanceur Saturn IB, la cabine devait être pressurisée comme lors d'un vol réel.

  
L'équipage d'Apollo 1 traverse sur l'access arm • Les astronautes entrent dans le module de commande lors d'un test.

Le test devait commencer à 13h. L'équipage arriva sur le pas de tir, mais une odeur bizarre dans le circuit d'alimentation en O2 repoussa le début de la simulation. Finalement, après réparation, le test commença à 14h45, et la trappe du vaisseau fut scellée. Ce test n'était pas considéré comme dangereux par la NASA. En effet, les réservoirs de la fusée Saturn IB n'étaient pas remplis. Après la fermeture de la trappe, la pressurisation de la cabine avec de l'oxygène pur commença.

De nombreux problèmes vinrent gêner le bon déroulement du test. Ces problèmes ne concernait pas uniquement le CSM d'Apollo 1. En effet, les astronautes et les ingénieurs de la NASA avaient repéré de nombreux problèmes sur les vaisseaux du Block I, entraînant sans cesse des modifications : des problèmes concernant l'Environmental Control System, des fuites des systèmes de refroidissement, des câbles non-isolés, ... Cependant, lors de la simulation en cours, le problème le plus important concernait les communications, à un tel point que Gus Grissom, exaspéré par le piteux état de la liaison entre la salle de contrôle du test et la vaisseau déclara : "Comment allons-nous décrocher la Lune alors que nous ne pouvons même pas communiquer entre deux bâtiments ?". Malgré tout, les reponsables du tests décidèrent de continuer le test.


L'équipage Apollo 1 à l'intérieur du module de commande. (Chaffee, White, Grissom).

Pendant que Grissom, White & Chaffee tentaient de suivre le programme du test malgré les différents problèmes rencontrés, Deke Slayton, le patron des astronautes, surveillait les activités des astronautes depuis la salle de contrôle, en compagnie de Stu Roosa, un astronaute novice du groupe 3, qui officiait comme Capcom. A 18h31, Deke Slayton parcourait le programme des tests, lorsqu'une voix retentit dans les haut-parleurs de la salle de contrôle : "Fire !". C'était la voix de Chaffee. Deke Slayton ne comprit pas immédiatement ce qu'il venait d'entendre, tout comme les dizaines de techniciens autour de lui. Il releva la tête pour jeter un coup d'œil sur les écrans de contrôles. Une caméra était fixée dans le vaisseau. C'est alors qu'il réalisa. L'image montrait des flammes. Un deuxième appel arriva dans la salle de contrôle : "We've a fire in the cockpit !" et quelques minutes plus tard la dernière transmission d'Apollo 1 fut un cri de douleur. La salle de contrôle contacta le responsable de la White Room, la salle située au niveau du vaisseau spatial, sur la tour de lancement. Les techniciens ne pouvaient pas ouvrir la trappe, car la chaleur dégagée par l'incendie les empêchaient de s'approcher du module. De plus, la trappe des vaisseaux du Block I s'ouvrait vers l'intérieur, et les gaz issus de la combustion des différents éléments à l'intérieur du CM faisaient pression sur la trappe, qui devenait ainsi impossible à débloquer. Après que le feu eut été éteint, il fut enfin possible de déverrouiller la trappe.

  
Le module de commande après l'incendie.

Slayton envoya deux médecins, Fred Kelly et Alan Harter sur le pas de tir, puis les rejoint ensuite accompagné de Roosa. Peu avant, il avait contacté le MSC à Houston, et avait informé Al Bean de l'incident. Bean était l'un des rares astronautes présents à Houston ce vendredi soir. Ses autres collègues étaient occupés dans les usines chargées de la conception des équipements Apollo à divers endroits du pays. Lorsque Bean fut prévenu, il ne réagit pas sur le moment. C'est un second appel confirmant la terrible nouvelle qui lui fit comprendre l'ampleur de la tragédie. Slayton chargea Bean de prendre les mesures nécessaire pour informer les familles.

  
Les cercueils sortent du KSC • Les cercueils de Grissom et Chaffee escortés par les astronautes de la NASA (Shepard à gauche, Glenn, Cooper et Young à droite).

Une fois arrivés sur le pas de tir 34, Slayton et Roosa ne purent que constater les dégats. Une odeur flottait dans la White Room, tout était recouvert de suie ou avait fondu. Les corps, méconnaissables, étaient encore à l"intérieur de la capsule. L'autopsie révéla que les 3 hommes étaient morts par asphyxie. On transféra les corps. Et après une autopsie poussée, Grissom et Chaffee furent enterrés au cimetière national d'Arlington, et White au West Point US Military Academy Post Cemetery.


Le module de commande démonté pour l'enquète.

Une enquête fut exigée et effectuée par le congrès, avec de nombreuses auditions. Le module de commande fut totalement démonté, et chaque pièce fut analysée. De nombreuses modifications furent apportées au design des vaisseaux du Block II, comme l'installation d'une trappe à ouverture rapide vers l'extérieur. En moins de 3 secondes, la cabine pouvait être dépressurisée et la trappe ouverte. L'oxygène pur qui remplissait les capsules fut remplacé par un mélange 60% azote, 40% oxygène, moins inflammable. Les nombreux matériaux très inflammables furent remplacés par de nouvelles matières. D'après l'avis général, cette tragédie permit d'éviter de nombreux autres accidents, et contribua au succès futur du programme...

 

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